Nous avons vu qu'un liquide placé dans un récipient dont il mouille les parois forme un film le long de celles-ci. On examine ici la hauteur qui peut être atteinte à l'équilibre mécanique.
L'épaisseur du film à la hauteur
nous est donnée par l'équation 6.8 :
| (6.26) |
Le film peut alors monter jusqu'à ce que la force
qu'il exerce atteigne
. En ce point, on peut écrire l'équilibre mécanique :
| (6.27) |
soit en considérant le paramètre d'étalement
:
Cette équation nous donne l'épaisseur
du film au point d'équilibre, de laquelle on déduit la hauteur maximale :
![]() |
(6.29) |
On peut également obtenir la valeur de
en calculant la variation d'énergie libre par unité de longueur le long de la paroi :
![]() |
(6.30) |
la hauteur maximale est alors telle que
soit minimale, soit pour :
| (6.31) |
où l'on reconnaît l'équation 6.28.
En prenant l'exemple des forces de Van der Waals, on a
, et par conséquent :
![]() |
|||
![]() |
(6.32) |
Pour des grandeurs courantes (
J et
J.m-2), l'épaisseur minimale est
Å, soit de l'ordre de la taille moléculaire. Le liquide s'étale donc sur les parois jusqu'à former une couche monomoléculaire sur celle-ci. D'après ce résultat, cela n'a bien entendu pas de sens de calculer la forme de la surface là où le film s'arrête.
Considérons une flaque de liquide mouillant parfaitement une surface solide. On suppose son épaisseur
uniforme, son volume (supposé constant) est donc
. Cette flaque induit une variation d'énergie libre par rapport au milieu ambiant :
| (6.33) |
et une variation de
due à une modification de
s'écrit :
![]() |
|||
![]() |
Comme on se place à
constant, la condition d'équilibre
impose :
![]() |
(6.34) |
L'épaisseur minimale de la flaque (ou plus généralement d'un film sur une surface horizontale) est donc
.
Considérons l'ascension capillaire d'un liquide entre deux parois solides parallèles et distantes de
(de l'ordre de la centaine de microns). L'interface est alors constituée :
, sur laquelle on a :
, sur lequel on peut écrire :
On considère que les variations de
sont suffisamment lentes pour que l'on puisse considérer que
.
La jonction entre le film et la calotte hémicylindrique va induire un écart à la loi de Jurin. En effet,
est différent de
. On pose donc :
| (6.35) |
On réalise alors (à l'équilibre mécanique) un bilan des forces s'exerçant par unité de longueur sur le système compris entre les deux lignes pointillées :
| (6.36) | |||
![]() |
(6.37) | ||
| (6.38) |
Dans le cas des forces de Van der Waals, d'après les équations 6.9 et 6.10, on a :
![]() |
(6.39) | ||
| (6.40) |
Josselin Mouette