Sous-sections

B Le mouillage

1 Mouillage total

Revenons au cas des 3 phases fluides. La relation 4.1 ne peut être satisfaite que si on a :

$\displaystyle \gamma_{ij} \leqslant \gamma_{jk} + \gamma_{ki}\,.$     (4.4)

Dans le cas où l'une des tensions de surface est trop grande ( $\gamma_{ij} > \gamma_{jk} + \gamma_{ki}$), cela signifie que l'énergie de l'interface $i/j$ est plus grande que celle d'une interface $i/k$ suivie d'une interface $k/j$. À l'équilibre, on n'a donc pas de ligne de contact triphasique, mais on a systématiquement une couche de la phase $k$ entre les phases $i$ et $j$. On dit que la phase $k$ mouille l'interface $i/j$ : il y a mouillage total.

2 Mouillage partiel

Dans le cas où on a deux phases fluides et une phase solide, la loi d'Young (4.2) impose :

$\displaystyle \gamma_{SL} - \gamma_{LV} \leqslant \gamma_{SV} \leqslant \gamma_{SL} + \gamma_{LV}\,.$     (4.5)

Dans le cas où on a $\gamma_{SV} > \gamma_{SL} + \gamma_{LV}$, le liquide mouille le solide : $\theta = 0$. On dit que le liquide est parfaitement mouillant4.1.

Si on a $0 < \theta < \cfrac{\pi}{2}$, le liquide mouille partiellement le solide. Sinon, quand $\theta > \cfrac{\pi}{2}$, il est non mouillant.


Les propriétés de mouillage de l'interface dépendent de la nature du liquide, mais surtout de la nature de la surface solide :


Lorsque l'on dépose du liquide sur une surface solide, son comportement dépend du type de mouillage.

3 Transition de mouillage

Dans tous les cas précédemment considérés, on peut considérer la grandeur $S$, appelée paramètre d'étalement :

$\displaystyle S = \gamma_{ij} - \gamma_{jk} - \gamma_{ki}\,.$     (4.6)

Les phénomènes de mouillage total apparaissent lorsque $S$ devient positif. Cependant, celui-ci peut varier avec la température. Lorsqu'il devient positif à une température $T_m$, il se produit une transition de mouillage, similaire à une transition de phase.

\includegraphics[width=4cm]{transimou}


L'expérience de Moldover et Cahn, réalisée en 1980, a permis d'observer pour la première fois une telle transition : du méthanol et du cyclohexane sont placés dans un récipient. Ces liquides étant non miscibles, le méthanol est au-dessus du cyclohexane. Cependant, au-delà d'une certaine température, un fine couche de cyclohexane vient se placer au-dessus du méthanol, malgré la pesanteur défavorable : le cyclohexane mouille alors l'interface méthanol/air.



Notes

... mouillant4.1
L'autre cas, où la vapeur mouille le solide, est beaucoup plus rare, mais similaire.
Josselin Mouette
2002-05-04