Revenons au cas des 3 phases fluides. La relation 4.1 ne peut être satisfaite que si on a :
| (4.4) |
Dans le cas où l'une des tensions de surface est trop grande (
), cela signifie que l'énergie de l'interface
est plus grande que celle d'une interface
suivie d'une interface
. À l'équilibre, on n'a donc pas de ligne de contact triphasique, mais on a systématiquement une couche de la phase
entre les phases
et
. On dit que la phase
mouille l'interface
: il y a mouillage total.
Dans le cas où on a deux phases fluides et une phase solide, la loi d'Young (4.2) impose :
| (4.5) |
Dans le cas où on a
, le liquide mouille le solide :
. On dit que le liquide est parfaitement mouillant4.1.
Si on a
, le liquide mouille partiellement le solide. Sinon, quand
, il est non mouillant.
Les propriétés de mouillage de l'interface dépendent de la nature du liquide, mais surtout de la nature de la surface solide :
Lorsque l'on dépose du liquide sur une surface solide, son comportement dépend du type de mouillage.
Dans tous les cas précédemment considérés, on peut considérer la grandeur
, appelée paramètre d'étalement :
| (4.6) |
Les phénomènes de mouillage total apparaissent lorsque
devient positif. Cependant, celui-ci peut varier avec la température. Lorsqu'il devient positif à une température
, il se produit une transition de mouillage, similaire à une transition de phase.
L'expérience de Moldover et Cahn, réalisée en 1980, a permis d'observer pour la première fois une telle transition : du méthanol et du cyclohexane sont placés dans un récipient. Ces liquides étant non miscibles, le méthanol est au-dessus du cyclohexane. Cependant, au-delà d'une certaine température, un fine couche de cyclohexane vient se placer au-dessus du méthanol, malgré la pesanteur défavorable : le cyclohexane mouille alors l'interface méthanol/air.